Les parents d’un enfant HPI veulent très souvent partager le profil de leur enfant avec les enseignants. Mais ils reviennent de cette rencontre avec plus de questions que de réponses :
- Pourquoi dès que je parle de mon enfant HPI, l’école se ferme ?
- Pourquoi j’ai l’impression de marcher sur des œufs à chaque rendez-vous ?
- Pourquoi expliquer aggrave parfois la situation au lieu de l’améliorer ?
Il suffit parfois de prononcer trois lettres — HPI — pour que le climat se tende.
Le parent pense apporter une clé de compréhension.
L’enseignant, lui, entend parfois une remise en cause.
Ce malentendu n’est pas anecdotique. Il structure une grande partie des blocages entre l’école et les familles d’enfants HPI.
Comprendre ce qui se joue de ce côté-là est indispensable si l’on veut sortir de la confrontation stérile et protéger l’enfant d’une image figée qui risque de l’accompagner longtemps.
Quand l’école se met sur la défensive
Du point de vue de nombreux enseignants, le parent “militant” n’est pas d’abord perçu comme un parent inquiet, mais comme un acteur potentiellement conflictuel.
Ce qui est redouté n’est pas l’enfant, ni même son fonctionnement, mais ce que le dialogue pourrait déclencher :
– une contestation des pratiques pédagogiques
– une escalade hiérarchique
– une perte de légitimité professionnelle
– une mise sous pression dans un cadre déjà contraint
Dans un système scolaire très normé, toute demande sortant du cadre est vécue comme un risque, pas comme une opportunité d’ajustement.
Le réflexe est alors souvent le même : se protéger.
Comment naît l’étiquette du “parent militant”
Passer du général au concret
On applique ce que vous venez de lire à votre situation.
L’étiquette ne naît pas toujours d’un discours agressif. Elle peut apparaître très vite, parfois dès la première réunion, lorsque le parent :
– utilise un vocabulaire trop technique ou trop expert
– évoque des lectures, des spécialistes, des tests
– compare son enfant à “ce qui est recommandé pour les HPI”
– arrive avec une attente implicite de reconnaissance
Ce que le parent cherche est de la compréhension.
Ce que l’enseignant peut entendre est une mise à l’épreuve de sa compétence.
À partir de là, le dialogue se rigidifie. Non pas par mauvaise volonté, mais par mécanisme défensif.
Le piège du rapport de force (et pourquoi il se retourne contre l’enfant HPI)
Quand le parent se sent incompris, il peut être tenté d’insister, de corriger, de démontrer.
Quand l’enseignant se sent contesté, il peut se réfugier derrière le cadre, les notes, les bulletins.
Chacun croit se protéger.
En réalité, c’est l’enfant qui se retrouve enfermé dans une lecture simplifiée :
– “brillant mais ingérable”
– “trop en demande”
– “pas en adéquation avec le groupe”
Une fois cette image installée, elle est difficile à faire évoluer.
Non parce qu’elle est vraie, mais parce qu’elle devient fonctionnelle pour le système.

Changer de posture sans se renier
Sortir de ce schéma ne signifie pas se taire, ni renoncer à défendre son enfant.
Cela suppose un déplacement stratégique de posture.
Ce qui aide réellement :
– parler d’observations concrètes, pas de profils ou d’étiquettes
– décrire des situations vécues, pas des principes généraux
– poser des questions ouvertes plutôt que des affirmations
– formuler des besoins éducatifs, pas des revendications identitaires
La difficulté est qu’on ne peut pas contrôler la manière dont un enseignant va percevoir une phrase. Parfois, la fatigue, la lassitude ou un agacement sourd peuvent aussi trahir une intention qui n’est pas la bonne.
Côté enseignant, cela peut être entendu comme :
« Ce que je fais ne convient pas. »
À partir de là, le dialogue change subtilement de nature.
Les réponses deviennent plus normatives, plus prudentes, plus défensives.
Personne ne cherche le conflit, mais chacun cherche à se protéger.
C’est souvent là que naît, silencieusement, l’étiquette de parent compliqué ou de parent exigeant.
Protéger l’enfant HPI sans déclencher “la guerre”
Le rôle du parent n’est ni de convaincre l’école, ni de gagner un bras de fer. Il est de maintenir un espace de dialogue suffisamment ouvert pour que l’enfant ne soit pas réduit à une caricature.
Cela passe plus efficacement par :
- une parole posée, même quand l’enjeu est fort
- une capacité à reformuler sans attaquer
- une vigilance sur les mots utilisés
- une stratégie de long terme plutôt qu’un coup d’éclat
Ce n’est pas toujours confortable. Mais c’est souvent ce qui protège le mieux l’enfant.
Une fiche parent accompagne cet article.
Elle va vous permettre de :
- comprendre ce qui, dans certaines formulations, peut fermer le dialogue sans que l’on s’en rende compte,
- disposer de repères simples pour rester audible sans se renier,
- préparer un échange avec l’école sans entrer dans une logique de justification ou de confrontation.
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