Chez de nombreux enfants HPI, la motivation scolaire ne repose pas d’abord sur l’intérêt pour une matière ni sur la perspective de la réussite. Elle naît ailleurs. Elle prend racine dans la relation. Plus précisément dans un phénomène souvent mal compris, parfois nié, mais pourtant central : l’admiration pour l’enseignant.
Lorsque cette admiration existe, l’enfant s’engage, persévère, tolère l’effort et accepte le cadre scolaire. Lorsqu’elle disparaît, tout peut se gripper très vite, parfois sans signe avant-coureur.
Relation enseignant–élève HPI : pourquoi le lien prime sur le programme
L’admiration n’est ni de la flatterie ni une dépendance affective. C’est un mécanisme interne de mise en mouvement. L’enfant HPI apprend volontiers auprès d’un adulte qu’il perçoit comme cohérent, compétent et incarné. Il ne cherche pas un enseignant parfait, mais un adulte qui pense ce qu’il dit et qui tient une position claire. Tant que ce lien existe, l’école fait sens.
Ce fonctionnement explique des situations qui déroutent souvent les familles. Un enfant peut adorer une matière une année, puis la rejeter l’année suivante sans que le contenu ait réellement changé. Il peut fournir un travail remarquable pour un enseignant, puis se désengager totalement avec un autre. Vu de l’extérieur, cela ressemble à de l’inconstance ou à de la provocation. En réalité, le moteur affectif s’est arrêté.
Manque de motivation chez l’enfant HPI : quand l’admiration disparaît
Parler de votre situation
Sans engagement. Juste pour vous aider à faire le tri.
Quand l’admiration est absente, l’enfant HPI ne se rebelle pas toujours. Certains deviennent invisibles, exécutent le minimum, se mettent en retrait. D’autres questionnent sans cesse, contestent, ironisent ou entrent en opposition. Ces comportements sont rarement une attaque personnelle. Ils traduisent une perte de sens. L’enfant ne trouve plus de figure à laquelle s’adosser pour apprendre.
Ce point est rarement pris en compte dans les échanges avec l’école. Les enseignants parlent de motivation, de travail ou de comportement. Les parents évoquent l’ennui, le découragement ou la fatigue. Chacun décrit une partie du problème, sans nommer ce qui se joue réellement : la relation pédagogique comme socle affectif de l’apprentissage.
Élève HPI et école : un moteur affectif rarement nommé
Il est important de le dire clairement : un enfant HPI ne choisit pas consciemment d’admirer ou non un enseignant. Ce n’est ni un caprice ni une stratégie. C’est un mécanisme profond, souvent inconscient, lié à son besoin de cohérence, de sens et d’alignement. Lui demander de “faire avec” sans reconnaître ce levier revient à lui demander d’apprendre sans moteur.
Tant que ce fonctionnement reste invisible, les réponses proposées par l’institution scolaire restent souvent superficielles : rappel au cadre, injonction à l’effort, sanctions ou banalisation de la difficulté. Elles peuvent aggraver la perte de motivation plutôt que la résoudre.

Parents et enseignants face à la motivation des enfants HPI
Le rôle des parents n’est pas de créer artificiellement cette admiration, ni de disqualifier l’enseignant lorsqu’elle n’existe pas. Il s’agit plutôt d’aider l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il ressent, et d’aider l’école à comprendre ce fonctionnement sans se sentir remise en cause. Dire “mon enfant a besoin de se sentir intellectuellement et humainement en confiance pour s’engager” n’a pas le même effet que “il n’aime pas ce professeur”.
Dans certains cas, l’admiration peut aussi devenir exclusive. L’enfant idéalise un enseignant, s’effondre lors d’un changement de classe, ou refuse toute autre figure d’autorité. Là encore, il ne s’agit pas de pathologiser, mais d’accompagner une transition. L’enjeu n’est pas de supprimer ce besoin, mais de l’assouplir progressivement pour favoriser l’autonomie.
Comprendre la motivation de l’enfant HPI pour rétablir le dialogue scolaire
Comprendre ce moteur affectif change profondément la lecture de nombreuses situations scolaires. Cela permet de sortir des jugements rapides, d’éviter l’escalade des tensions et de réintroduire du dialogue là où chacun se sentait impuissant. L’école ne devient pas soudainement idéale, mais elle redevient lisible.
Pour aider les parents à agir concrètement, une fiche pratique accompagne cet article. Elle propose des formulations simples pour aborder ce sujet avec un enseignant, des repères pour distinguer admiration, dépendance et perte de sens, ainsi que des erreurs fréquentes à éviter dans les échanges école-famille.
Cette fiche est réservée aux abonnés de la série et peut être utilisée telle quelle lors d’un entretien ou d’un échange écrit. Pour la recevoir et recevoir les prochains articles de la série, abonnez-vous sur cette page.
Dans le prochaine article, nous aborderons un point souvent invisible mais déterminant : comment certains enfants HPI se suradaptent au point de devenir “exemplaires”, et pourquoi cette réussite apparente peut masquer une fatigue profonde.



1 réflexion sur “Pourquoi l’admiration est essentielle à la motivation scolaire des HPI”
Ping : Comment poser des limites à un enfant HPI quand la discipline échoue - incluZive