Certains enfants réussissent facilement à l’école.
Ils comprennent vite, travaillent peu, obtiennent de bons résultats.
Et pourtant, certains d’entre eux vivent leur scolarité comme une épreuve.
C’est ce paradoxe qui m’a longtemps interrogé.
Très tôt, j’ai eu conscience d’avoir des facilités dans le travail scolaire, mais aussi des difficultés dans les relations sociales. Cette expérience personnelle m’a rendu attentif aux élèves qui semblaient en décalage avec leur environnement.
Durant mes études supérieures, j’ai eu l’opportunité de travailler dans une école aux États-Unis. J’y ai découvert, au début des années 1990, un programme spécifique destiné aux élèves Gifted (HPI). Le principe était simple : reconnaître que certains enfants ont des besoins éducatifs particuliers liés à leurs capacités intellectuelles. Cette approche m’a marqué. En France, à cette époque, la question était encore très peu présente dans les pratiques éducatives.
J’ai ensuite fait toute ma carrière dans l’Éducation nationale.
Une expérience forgée dans la situations réelles
Pendant plus de vingt-cinq ans, j’ai occupé plusieurs fonctions : surveillant, Conseiller Principal d’Éducation, puis personnel de direction d’établissement scolaire. Ce parcours m’a placé au cœur du fonctionnement quotidien des collèges et des lycées, au contact direct des élèves, des enseignants et des familles.
Ce travail m’a conduit à rencontrer des centaines de situations familiales et scolaires. Certaines relevaient de difficultés d’apprentissage classiques. D’autres étaient beaucoup plus difficiles à comprendre.
Au fil des années, un constat s’est imposé.
Parmi les élèves en souffrance scolaire, certains avaient en réalité des capacités intellectuelles élevées. Leur difficulté ne venait pas d’un manque de ressources, mais d’un décalage avec le cadre scolaire : rythme d’apprentissage, rapport à l’autorité, besoin de sens, sensibilité émotionnelle. C’étaient des élèves HPI.
Ces élèves pouvaient réussir… ou au contraire décrocher brutalement.
Lorsque j’ai exercé des fonctions de direction, j’ai pu observer ces situations à une autre échelle. J’ai cherché à mettre en place des réponses éducatives plus adaptées, mais j’ai également constaté les limites du cadre institutionnel pour répondre à certaines problématiques individuelles.
Avec le temps, une conviction s’est imposée : certaines difficultés scolaires ne peuvent pas être comprises uniquement à travers les résultats ou le comportement en classe. Elles demandent une lecture plus fine du fonctionnement de l’enfant et de son environnement.
C’est pour approfondir ce travail que j’ai choisi de quitter l’Éducation nationale et de consacrer mon activité à l’accompagnement des familles concernées par le haut potentiel intellectuel.
IncluZive est né de cette trajectoire.
Aujourd’hui, j’accompagne des parents et des jeunes HPI confrontés à des situations de décalage scolaire, d’incompréhension ou d’épuisement. Mon approche s’appuie à la fois sur mon expérience de 25 ans au sein du système éducatif et sur l’analyse des nombreuses situations familiales rencontrées au cours de ma carrière.
Comprendre le décalage
L’objectif n’est pas de transformer l’enfant, mais de mieux comprendre ce qui se joue dans sa relation avec l’école et son environnement. S’il sent bien qu’il n’est pas vraiment comme les autres, il lui manque des informations essentielles pour comprendre les raisons de ce décalage et des frictions qu’il vit avec son environnement.
Car certains enfants ne sont pas en difficulté d’intelligence. Ils sont en difficulté d’ajustement avec le cadre dans lequel ils grandissent.
Mon approche
Les difficultés rencontrées par certains enfants à l’école ne relèvent pas toujours d’un manque de capacités. Dans de nombreuses situations, elles traduisent plutôt un décalage entre le fonctionnement de l’enfant et le cadre dans lequel il évolue.
Mon travail consiste d’abord à comprendre ce décalage.
Au cours de plus de vingt-cinq années passées dans l’Éducation nationale, j’ai observé de nombreuses situations scolaires et familiales. Cette expérience m’a appris qu’une difficulté apparente peut avoir des causes très différentes : rythme d’apprentissage, rapport à l’autorité, besoin de sens, sensibilité émotionnelle ou fatigue liée à l’adaptation permanente.
L’accompagnement commence donc par une lecture attentive de la situation : comprendre le fonctionnement de l’enfant, analyser ce qui se joue dans sa scolarité et identifier les éléments de l’environnement qui peuvent être ajustés.
Les parents occupent une place centrale dans ce travail. Leur compréhension de la situation permet souvent d’apaiser certaines tensions et de retrouver des marges d’action là où tout semblait bloqué.
Ces réflexions nourrissent également le podcast La Voix Rayée, consacré aux enjeux éducatifs et psychologiques liés au haut potentiel intellectuel.
Ma méthode
Chaque situation est différente. Mon accompagnement repose cependant sur une démarche structurée en trois étapes.
La première consiste à comprendre le fonctionnement de l’enfant : ses modes d’apprentissage, sa sensibilité, sa manière d’entrer en relation avec son environnement scolaire.
La deuxième étape vise à analyser la situation scolaire. Il s’agit d’identifier ce qui crée les tensions : rythme de travail, attentes implicites de l’école, incompréhensions entre l’enfant, la famille et l’institution.
Enfin, nous cherchons ensemble les ajustements possibles. Ils peuvent concerner l’organisation du travail scolaire, la manière d’aborder certaines situations éducatives ou les relations avec l’établissement.
L’objectif n’est pas de transformer l’enfant pour qu’il corresponde à un modèle scolaire, mais de mieux comprendre ce qui se joue dans son parcours et de construire des solutions réalistes pour qu’il puisse avancer plus sereinement.
Mes valeurs
Depuis toujours, je travaille dans le respect de valeurs fortes :
- ECOUTE car le parcours de chacun est unique.
- JUSTICE parce que chacun a le droit à la dignité.
- CREATIVITE pour construire une nouvelle intelligence collective.