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Franck ROBERT

Spécialiste de l'accompagnement des profils HPI. À travers incluZive, j'aide les enfants à haut potentiel et leurs parents à transformer ce fonctionnement atypique en une force sereine au quotidien. Fort de mon expertise et d'une centaine d'articles publiés, je décode les enjeux scolaires et familiaux du HPI depuis plus de vingt ans.

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Voyager en voiture avec un enfant HPI : comment gérer son ennui

Vous n’avez pas encore quitté la ville que la première question de votre enfant HPI est là :
« Pourquoi le ciel est bleu et pas vert ? »

Vous répondez. Vous êtes content(e) de vous, c’était une bonne réponse.

Et là, sans respirer : « Mais alors pourquoi la mer elle est bleue aussi ? Et pourquoi les nuages ils tombent pas ? Et c’est quoi le plus grand nombre qui existe ? »

Il reste des centaines de kilomètres.Vous soupirez.

Ce flot de questions n’est pas une provocation

C’est tentant, après la sixième question, de penser que votre enfant vous provoque ou qu’il cherche votre limite.

La plupart du temps, ce n’est rien de tout ça.

Un enfant HPI, enfermé dans une voiture, avec un cerveau qui tourne vite et peu de stimulation pour l’occuper, fait simplement ce qu’il sait faire de mieux : il pense, il relie, il interroge. Le paysage qui défile devient un déclencheur permanent.

Ce n’est pas un enfant pénible. C’est un cerveau qui ne sait pas se mettre en veille.

Et le pire, pour lui, ce n’est pas la longueur du trajet. C’est cet ennui où l’esprit tourne à vide.

Le vrai enjeu n’est pas de faire taire, mais de donner à mâcher

Parler de votre situation

Sans engagement. Juste pour vous aider à faire le tri.

On a souvent le réflexe d’éteindre : « Stop ! », « On verra plus tard », « Tu peux arrêter cinq minutes ? ».

Parfois c’est nécessaire, et c’est très bien. Vous avez aussi le droit au silence.

Mais si vous voulez vraiment des kilomètres tranquilles, le plus efficace n’est pas de réduire le flux. C’est de lui donner quelque chose à se mettre sous la dent.

Un cerveau occupé par un défi qui l’intéresse arrête de mitrailler des questions dans tous les sens. Il se concentre.

Voici quelques idées simples, testées par beaucoup de parents, et qui ne demandent ni écran ni préparation.

Deux enfants HPI sont assis à l'arrière d'une voiture pendant un voyage en famille. À travers la vitre, le garçon pointe avec enthousiasme un paysage qui le passionne tandis que la jeune fille observe la scène avec émerveillement. Cette illustration évoque la curiosité intense des enfants à haut potentiel, capables d'oublier l'ennui en voiture lorsqu'un sujet d'intérêt capte leur attention.

Quatre jeux qui marchent vraiment en voiture avec un enfant HPI

« Et si… »
Vous lancez une hypothèse absurde et il déroule. « Et si les voitures roulaient à l’envers ? » « Et si on pouvait respirer sous l’eau ? » Les enfants HPI adorent ça : c’est de la logique appliquée à l’impossible. Vous pouvez rester silencieux pendant qu’il construit son monde.

L’énigme à tiroirs.
Plutôt que de répondre à sa question, retournez-la. « Justement, à ton avis, pourquoi le ciel est bleu ? » Donnez-lui un indice toutes les dix minutes. Vous transformez une question en enquête, et une enquête, ça occupe longtemps.

Le défi d’observation.
« Trouve cinq choses jaunes avant le prochain péage. » « Combien de ponts on va passer, d’après toi ? » On canalise l’attention vers l’extérieur. Bonus : ça calme aussi les enfants qui ont du mal à tenir en place.

Les histoires à relais.
Une phrase chacun, à tour de rôle, pour construire une histoire complètement folle. C’est le jeu préféré des fratries, et il a l’avantage de faire participer tout le monde, même le petit frère qui ne « pense » pas encore aussi vite.

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Et quand il a juste besoin de poser ses vraies questions

Tout n’est pas un jeu.

Parfois, derrière le « pourquoi », il y a une vraie inquiétude. Sur la mort, sur l’infini, sur ce qui l’attend à la rentrée. Les enfants HPI posent souvent leurs questions les plus profondes dans les moments où on ne les regarde pas en face — et la voiture, justement, est un de ces moments.

Alors gardez une oreille pour repérer la différence entre la question-mitraillette, celle qui cherche juste à occuper le cerveau, et la question-graine, celle qui mérite qu’on se gare mentalement deux minutes.

Vous n’avez pas besoin d’avoir la réponse. Souvent, « C’est une super question, qu’est-ce que tu en penses, toi ? » suffit largement.

Au fond, le trajet n’est pas le problème

Un long voyage en voiture, avec un enfant qui pense sans arrêt, ce n’est pas une épreuve à subir. C’est un des rares moments où vous êtes côte à côte, sans école, sans devoirs, sans montre.

Un moment pour jouer avec sa curiosité plutôt que de lutter contre elle.

Et qui sait : c’est peut-être sur la banquette arrière, quelque part entre deux aires d’autoroute, que se passeront vos plus belles conversations de l’été.

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Franck ROBERT
Spécialiste de l'accompagnement des profils HPI. À travers incluZive, j'aide les enfants à haut potentiel et leurs parents à transformer ce fonctionnement atypique en une force sereine au quotidien. Fort de mon expertise et d'une centaine d'articles publiés, je décode les enjeux scolaires et familiaux du HPI depuis plus de vingt ans.

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